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Paul
Teisseire (1935-1937) |
Paul Teisseire naît le 13 juin 1916 à Constantine.
Avec sa mère il accompagne son père qui s'est engagé volontaire pour
la guerre 1914-1918, sur le front de l'Est en Haute-Marne (Chaumont,
Saint-Dizier).
De retour en Algérie, à la fin de la guerre, la
famille s'installe à Bordj Bou Arreridj (département de
Constantine), puis à Bône où Paul Teisseire poursuit ses études
secondaires jusqu'au Brevet Élémentaire.
Il opte alors pour des études agricoles
qu'il effectue à l'École d'Agriculture de Philippeville, promotion
1932-1934, dirigée par Monsieur Chapoulie. Muni du diplôme de
l'école, il bénéficie d'une année supplémentaire qui le prépare à l'entrée
aux grandes écoles. Il est admis sur concours, 2ème sur 200
candidats, à l'Institut Agricole d'Algérie de Maison-Carrée(promotion
1935-1937). Il termine second de sa promotion.
Il est admis sur concours comme répétiteur à
l'I.A.A. et affecté au Service de la Défense des Cultures, dirigé
par Mr Delassus et son adjoint Mr Pasquier. Il est chargé de la biologie
des acridiens ( criquet marocain, criquet pèlerin).
Mobilisé dès le début de la seconde guerre
mondiale, il est dirigé vers l'École d'Officiers de Réserve de Saint
Maixent dont il ressort avec le grade d'Aspirant. Nommé au 5°
Régiment de Tirailleurs Algériens de Maison-Carrée, il part avec le
5° Bataillon de Marche en Tunisie, à pieds jusqu'à Béja - Pont de
Trajan. Il fait toute la campagne de Tunisie jusqu'à Tataouine.
Atteint du paludisme et de dysenterie, il refuse d'être
hospitalisé et continue la campagne de Tunisie jusqu'à l'armistice.
Il revient alors à l'Institut Agricole, passe le
concours de Chef de Travaux, et se trouve chargé de cours de chimie
œnologie avec les professeurs Fabre et Brémont.
Remobilisé lors du débarquement des américains en
Algérie en novembre 1942, il est chargé de différentes missions, notamment au service
de l'Intendance pour diriger et contrôler les boulangeries
militaires ou civiles à Blida, Orléanville, Miliana...
Après la guerre,( en 1946 ?) il présente le
concours de Directeur d'École d'Agriculture. Reçu il rejoint le
Centre d'Apprentissage Arboricole de Mechtras en Kabylie.*
C'est à partir du Centre d'Apprentissage que Paul
Teisseire démontre sa capacité à promouvoir le développement
agricole. Il va agir avec efficacité en même temps sur
l'enseignement, sur la vulgarisation des techniques adaptées au
milieu où il exerce, pour le bénéfice de l'agriculture familiale
kabyle*. *(Voir dans les pages "Autres Écoles"
"Ils étaient là pour nous")
Entre temps , l'Institut
Agricole devient l'École National d'Agriculture, le diplôme
d'Ingénieur Agricole (Agri) est attribué avec effet rétroactif pour
les promotions antérieures qui était alors Ingénieur de
l'Institut Agricole. Paul Teisseire complète sa formation en
obtenant une licence de Sciences Naturelles, et Physique (zoologie,
biologie, botanique, chimie générale-minérale-organique) à
l'Université d'Alger.
A 32 ans, il sera le plus
jeune Ingénieur promu au grade d'Ingénieur en Chef d'Agronomie.
En 1954, il est nommé
adjoint au Chef du Service de la Protection des Végétaux d'Alger. Il
est responsable de la lutte antiacridienne avec plusieurs équipes
dotées de grands moyens terrestres (camions) et aériens (avions et
hélicoptères) pour le "poudrage" à l'H.C.H. (Hexa Cyclo Hexane) insecticide
organochloré, seul moyen efficace à l'époque pour juguler les
attaques dévastatrices des "sauterelles". Il se
déplace aussi dans d'autres pays comme l'Éthiopie pour apporter son
concours à la lutte contre ce fléau séculaire.
Trois ans plus tard il est
promu directeur du Service Régional de la Protection des Végétaux,
pour l'ensemble de l'Algérie.
Il assumera cette fonction jusqu'en 1962.
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Paul Teisseire (1er
à droite) à la Conférence européenne sur le lutte contre
le mildiou du Tabac- Cologne 1956. |
Pendant la guerre d'Algérie de 1957 à
1962 il sera
mobilisé dans les Unités Territoriales où il sera nommé Capitaine.
Il aura pour mission la garde des points stratégiques d'Alger,
l'usine à gaz, la centrale électrique, les Halles, et le dépôt de
munitions du Ravin de la Femme Sauvage.
Pour ses services civiles et
militaires Paul Teisseire reçoit les distinctions d'Officier du
Mérite Agricole et de Chevalier de la Légion d'Honneur.
En 1962, il connaît l'exode,
comme la majorité des Français d'Algérie et il arrive à Toulouse au
Service Régional de la Protection des Végétaux. Il sera chargé de
l'étude des produits phytosanitaires en relation avec les services
techniques des firmes.
En 1963 et 1964, il
participe à la formation de futurs ingénieurs agricoles algériens.
Il les accompagne durant plusieurs stages d'une semaine chacun, à
Paris et dans 25 départements. Chaque stage est consacré à un thème
différent : oléiculture, riziculture en Camargue, céréales, élevage
etc...
Il est ensuite nommé chef de
la Circonscription de la Protection des Végétaux, toujours à
Toulouse. Il occupera ce poste jusqu'en 1976 quand arrive le moment
de la retraite.

Paul Teisseire n'est pas
homme à pantoufler dans sa nouvelle situation. Il reste très actif
et multiplie les centres d'intérêts : Astronomie avec en particulier
la recherche d'étoiles doubles, musique et audiovisuel (films,
documentaires) jardinage, il crée une collection d'iris. Il faut
ajouter les voyages qu'il va organiser sur quatre continents. Il
emmènera ses amis en Egypte, au Mexique, en Turquie, en Thaïlande,
et bien sûr en Algérie avec un "retour aux sources" à Alger, à
Maison-Carrée et en Kabylie où il a pu revoir les Mechtras.
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