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aout 2006 : Roland Muteau, promo 47-50.
Souvenirs de notre
estimé professeur Léonce Valentin.
Monsieur
Léonce Valentin nous a quittés, c'est une figure de notre
passé qui s'en est allée.
Venant de
l'Institut Agricole de Maison carré, après avoir fait son
service militaire en coopération aux USA, comme pilote sur
avion de chasse, il rejoignait Sidi Bel Abbès pour enseigner
dans notre école. Il nous raconta une de ses aventures dans
l'aviation ; alors qu'il était en vol dans son zinc, un
Thunderbolt, il alla s'écraser dans une forêt du Canada, à
la suite d'une fuite d'huile. Comme il le disait lui-même,
il ne restait plus que le fuselage coincé entre deux arbres.
Cette fuite d'huile eut un retentissement par la suite dans
ses cours.
Il débute donc
en 1947 à l'ERA et il nous enseignera, rappelez-vous bien:
- le
machinisme( et l'on comprendra son intransigeance sur le bon
état des pompes à huile)
* le problème du passage de la ficelle sur la
moissonneuse-lieuse, de sa boîte au bec noueur,
* les angles de coupe et d'attaque de la charrue,
* les cycles des moteurs 1-3-2-4 etc.
- la
viticulture
* les coupes de sécateur sur la cloison, à l'œil ( c'est lui
qui nous disait que la différence entre la vigne et l'homme,
c'est que la vigne a l'œil à l'aisselle des feuilles)
* trois pages sur la description d'un sécateur
* les tailles en gobelet, en cordon Royat, en Guyot
- la
pathologie ( maladies des plantes)
* le plomb des arbres fruitiers, la mosaïque de la
pomme de terre, la graisse du haricot, le plasmopara
viticole (mildiou) les ascomycètes(oïdium) les
ustilagos(charbon des céréales) la tilletia carie (blé)
etc...
Tout un poème!
Notre promotion a essayé de le tester avec des petits bruits
pour voir jusqu'où il pouvait les supporter. Nous utilisions
un certain nombre de stratagèmes; nous faisions
rouler une bille du haut de l'amphi, qui tintinnabulait en
descendant les marches, une règle qui tombait au sol, des
bruits de fond imitant le vol de la mouche, des cris
subits. Alors que nous étions tous concentrés sur notre
bruitage, tout à coup la réaction de Tintin avec son fort
accent de Montauban : " vous vous croyez sur un champ de
foire ou quoi!!", nous laissa coi. Il n'y eu plus de bruit
pendant ses cours.
C'était notre
professeur préféré avec qui nous allions en voyage d'études,
notamment au Maroc, mais aussi visiter les pépinières. Un
jour que nous revenions de visiter les pépinières Gantier,
nous croisons deux gendarmes à vélo et aussitôt nous nous
mettons à chanter " j'emm.... les ". On a bien failli finir
en taule!
J'ai retrouvé
quelques années plus tard Léonce Valentin à l'Ecole
d'Agriculture d' AÏn Témouchent dont il était le directeur.
Dur, dur. Il me disait toujours avec son entrain " on fait
un tour Museau !" et c'était parti pour une visite
complète de l'exploitation à toute vitesse, malgré ses
petites jambes.
C'était
Monsieur 100000 volts. Toujours un dynamisme à toute
épreuve, il paraît que le matin au lever, il sursautait et
bondissait du lit à faire pâlir de jalousie les piles des
petits lapins au tambour (pour les assidus du petit
écran).
En juin 1962,
arrêté par les fellaghas entre Témouchent et Nemours, il
passa huit jours en cellule. Le plus pénible avoua-t-il
c'était d'être obligé de lire des BD.
Son départ
d'Algérie nous a laissé un goût d'amertume, d'abandon, mais
n'épiloguons pas trop...
Enfin, je le
retrouve en 1965, il est directeur de Lycée de Pamiers dans
l'Ariège. Par la suite nous nous sommes rencontrés aux
réunions de l'AAEEAA. Il n'avait pas vieilli, ni ramolli.
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29 /08/06 :
Marcel Simonet, promo 56/59.
Les
souvenirs, mais bien sûr, à foison. Ce sont trois années
inoubliables, d'abord d'amitié, une amitié qui reste encore aujourd'hui vivace
malgré les éloignements géographiques. Trois années
passées ensemble, 10 algérois, 11 oranais, 1 constantinois,
unis en toutes occasions.
Il y avait,
par exemple, l'opération "Méta". Bien souvent, en 2ième et
3ième année, au bloc central , dans l'internat entre 21h
et 22h, après nous être usé les yeux sur nos chères études
(sic) nous faisions la pause Méta. Ce fameux combustible qui
nous servait à réchauffer soit une boîte de cassoulet, soit
une boîte de choucroute, pour satisfaire nos appétits
insatiables . Chaque chambre avait sa spécialité. Nos
voisins saucissonnaient, d'autres se rabattaient sur quelque
boîte de pâté ou de sardines. Après cela nous avions le
choix, soit ragaillardis par nos forces retrouvées, nous
remettions le nez dans nos notes, soit nous suivions
l'exemple du plus courageux d'entre nous ( nous étions trois
par chambre) qui avait déjà, lui, plongé son nez dans
l'oreiller."
Un autre
souvenir gastronomique, pour clore la rubrique. Bien
souvent, sous la direction des plus anciens, le mercredi,
après le couscous du midi, nous faisions le parcours du
combattant pour lutter contre les lourdeurs de la
digestion. Je sais, cela peut heurter la sensibilité
de certains
étudiants d'aujourd'hui, plus aptes à aller digérer dans les
manifs. Autres temps....
Il ne faut pas
croire que nous passions notre temps à ripailler, mais nous
travaillions aussi "d'arrache-tête", "d'arrache-mains" et
même "d'arrache-pieds" pendant les TP* aux champs.
*TP: travaux
pratiques dans les cultures
Et encore,
rappelez-vous les cours de notre professeur M. Duché
qui savait nous faire avaler les menus de chimie
organique en agrémentant son enseignement de ses souvenirs de
relations avec "les pyramides
d'Egypte et les touristes anglaises". Nous
conseillait fortement les espadrilles pour vaquer à nos
taches dans les caves au cours des vinifications. Nous
faisait pénétrer les mystères de
la pédologie. Il nous contait les aventures du complexe
humique, des atomes qui se rencontraient et nous, nous
pensions aux atomes crochus en jupon qui nous attendaient à
l'extérieur. Tout cela dans "une saine participation
collective". Il était l'ennemi des classes
muettes jusqu'à refuser de faire son cours s'il ne nous
entendait pas participer de "vive voix".
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15/03/07
: Pierre Blanchard, promo 60/63.
Commençons par une petite histoire. Qui se rappelle
du surveillant Martinez dans les années 59-62, que l'on
surnommait Pépé Martinez?
Dans le couloir de notre promo, nous étions,
Supervielle, Ayoun, Villena, Sirjean, Bernardi, Corbin,
Huser, et moi Blanchard, etc...
Pépé Martinez passait tous les
matins vers 6h15, armé d'une badine et frappait aux
portes : "Aller! Debout les enfants !!" Et quand il
arrivait au fond du couloir, on l'entendait dire
invariablement : " Debout Villena, vilain et Na...et Na
c'est rien!..."
Autres paroles célèbres :
Réception des nouveaux élèves: A
leur arrivée, notre Surveillant général, Thomas César
Prou les mettait immédiatement en garde :
"J'ai en
sourdine des brûlures d'estomac, alors si tu veux que
nous vivions en paix, ne les rallume pas, c'est tout !
"
La chose était entendue.
La vigne est un long marathon tranquille. P.B.
Note de
l'Ouedmaster: Je crois avoir largement contribué à
attiser le feu intérieur de notre Surveillant général,
je comprends aujourd'hui, pourquoi il me surnommait " feux
follet".
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C'est comme dans une soirée où un ami
raconte une anecdote, aussitôt revient à la mémoire des autres
convives des souvenirs endormis. Concernant un surveillant général,
lui qui surveille les élèves en général et en particulier certains
énergumènes, est le point de mire des potaches. C'est l'autorité du
quotidien dans un milieu fermé. Aussi, telle une plaque sensible,
les élèves enregistrent faits, gestes et paroles de celui qui est le
plus proche d'eux.
Notre cher Surgé savait faire passer ses ordres
avec suffisamment d'humour pour qu'en souriant on retienne la leçon.
Roberto se souvient:
20/03/07:
Robert Garidou, promo 58/61.
Alors que j'entrais en Première année,
j'avais été affecté à une chambre du premier étage de
l'internat, située au dessus de l'appartement de M.
Prou. Aussi avait-il pris soin de me faire les
recommandations suivantes :
" Monsieur Garidou, vous marcherez
avec la lenteur de la tortue, la souplesse de
l'éléphant, et l'élégance du papillon!!!"
Note de l'Ouedmaster: Et pour
cause, Monsieur Prou avait dû subir les blagues de la
promo "des400 coups" deux ans auparavant , qui faisait
danser des assiettes sur le carrelage de cette chambre.
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